Témoignage : « On n’ouvre pas un fish spa comme une boulangerie ! »
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Sur un marché à peine naissant et pas toujours très scrupuleux en termes d'hygiène, Laëtitia Bonneau a choisi son credo : la qualité. Cette jeune créatrice d'entreprise vient d'ouvrir le Bono Fish Spa, au Mans. Ambiance ludique et conviviale. Ici, pas de sieste, ni de soins esthétiques. Près de 500 dévoreurs de peaux mortes attendent leurs premiers clients dans des bacs à roulettes ! On les appelle aussi les « nettoyeurs ». Pour les connaisseurs, ce sont des garra rufa. Des petits poissons sauvages importés de Turquie pour leur compétence très particulière. Ne boudons pas notre plaisir : une séance de fish pédicure, c'est aussi un moment de bonne humeur. Sentir des bestioles se tortiller autour de ses pieds et aspirer avec leurs bouches les peaux mortes ne laisse jamais indifférent... Le fish spa, c'est son coup de cœur. « J'avais besoin d'une activité saine et naturelle. Et puis, j'ai été bluffée par l'efficacité du procédé. » Laëtitia ne veut pas griller les étapes. Elle prend donc le temps de choisir ses poissons, même si, en France, seulement deux fournisseurs se partagent ce marché lucratif. « On en trouve entre 1,5 et 5 euros pièce. J'ai pris le plus cher, car les premiers prix s'appliquent à des bébés, qui finiront pas mourir très vite ». La fish pédicure est une activité récente, mais Laëtitia sait que, pour la pérenniser et pouvoir en vivre, il faudra veiller à la fois sur l'hygiène, la satisfaction de ses clients et le bien-être... de ses poissons. La préservation des garra rufa peut coûter cher Avant chaque séance, elle scrute les pieds qui vont être livrés en pâture, les vernis qui ont été posés depuis moins de 24 heures, susceptibles d'empoisonner les animaux, et les petites blessures qui peuvent se rouvrir dans l'eau... Celle-ci n'est jamais réutilisée et, après un soin, les poissons rejoignent une réserve dont le biotope est proche de celui d'une rivière. « Ils réintègrent leur habitat de vie, une réserve permanente qui leur permet de retrouver un environnement plus proche de leurs conditions naturelles. » L'objectif de Laëtitia ? Eviter le stress, facteur de mortalité. Une baisse de température de deux degrés et les poissons s'agitent déjà pour se réchauffer... Il n'est pas non plus recommandé de les isoler : les garra rufa chassent les squames en bandes, entourés d'au moins vingt compères. Ces dispositions ont un coût. Une réserve d'eau permanente adaptée à l'espèce, par exemple, fait grimper l'investissement initial à 90 000 euros, alors que le budget moyen d'une installation classique se situe à environ 25 000 euros. « Soit on essaye de faire de l'argent très vite sans prendre soin des poissons et des clients, soit on fait un pari sur l'avenir. Il faut savoir que des poissons achetés très jeunes, plongés dans une eau du robinet non retraitée et réutilisés plusieurs fois dans le même bac verront leur durée de vie réduite à un ou deux mois, contre sept ans dans un environnement plus protecteur. » Reste à faire passer le message. GM |
| Janvier 2012 |
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