Lampes flash et UV : l’Etat veut améliorer la transparence
L’Etat dévoile son dispositif : la photo-épilation grand public et les cabines UV vont faire l’objet de contrôles renforcés et d’une meilleure information des consommateurs.
« Il y a nécessité d’effectuer de vrais contrôles sur les soins esthétiques, car un public plus large et plus jeune a désormais la possibilité d’utiliser des technologies qui ne lui étaient pas accessibles jusque là. », a expliqué mercredi Frédéric Lefebvre, le secrétaire d’Etat chargé de la consommation, lors d’une visite au Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), à Trappes, dans les Yvelines.Missionné depuis septembre 2010 pour tester les cabines UV et la photo-épilation grand public, ce laboratoire devrait bientôt remettre son rapport à la Direction générale de la santé. Selon les premiers résultats, sur un parc national de 45 000 solariums, cinq cabines ont été contrôlées et une seule ne respectait pas les normes en vigueur. Un constat mis en avant par les pouvoirs publics, qui envisageraient de modifier le décret du 30 mai 1997 réglementant les appareils de bronzage.
« Nous sommes face à un facteur de risque de cancer qui doit être reconnu comme tel par les usagers. Il faut les informer et dissiper de nombreuses idées farfelues sur les effets des UV autour de l’anti-âge ou de l’amincissement. », a déclaré mercredi Nora Berra, la secrétaire d’Etat chargée de la santé, avant d’annoncer qu’elle allait saisir l’Institut national du cancer et la Haute autorité de santé pour déterminer, d’une part, la fréquence maximale à laquelle les consommateurs pouvaient s’exposer sans risque et, d’autre part, un référentiel de formation pour les professionnels.
Lampes flash : les filtres peuvent présenter un risque
Autres tests : les lampes flash vendus au public. Les techniciens du LNE ont contrôlé cinq appareils marqués CE, parmi lesquels nous avons reconnu les deux leaders actuels du marché, l’E-One de la marque E-Swin et Luméa de Philips. Les conclusions encore incomplètes à ce jour portaient essentiellement sur la qualité du filtrage.
D'abord, le kit fourni avec ces appareils comporte un tube de crème pouvant obstruer l’entrée et détériorer le filtre en cas de nettoyage abrasif. Ensuite, le risque de s’aveugler en manipulant l’appareil sans précaution est d’autant plus important que sa puissance est forte (certaines lampes flash peuvent aller jusqu’à 20 joules par cm2). Le LNE indique toutefois que les fabricants ont pris le soin d'avertir leurs clients dans leurs notices d'utilisation. Au total, il existerait 8 à 10 000 appareils de ce type vendus dans les commerces ou sur Internet.
Présenté dans le cadre du projet de loi sur la protection des consommateurs défendu par Frédéric Lefebvre et adopté le 11 octobre par l’Assemblée nationale (voir notre info), le LNE aura pour mission de définir des normes de consommation au regard de la santé publique. Les contrôles techniques seront effectués sur place par des organismes privés accrédités, dont les modalités d’action devraient être définies par décret ou arrêté début 2012.
Tous les appareils de soins esthétiques seraient concernés, même ceux destinés aux professionnels, selon nos informations. « Il n’y aura pas de liste spécifique. Le contrôle se fera dès qu’on aura un doute. », précise-t-on dans l’entourage de Frédéric Lefebvre.
Georges Margossian
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © (2011) SVS Edition





