Comment Alliance Pornic su limiter le turnover de ses esthéticiennes
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Le turnover est souvent un casse-tête pour les gestionnaires de centre de bien-être. Le métier use. Et les tâches répétitives ne renforcent pas toujours la motivation... Mais entre ses activités de thalasso et de spa, Alliance Pornic a su imposer un mode d'organisation à ses esthéticiennes qui leur permet de diversifier leurs tâches. Ambiance cosy, jardins japonais, soins duo, senteurs marines et sucrées, massages ayurvédiques, réflexologie chinoise... Bienvenue dans l'univers des thalassos nouvelle génération. Ce qui n'était encore, il y a une décennie, qu'un lieu austère où l'on prenait des bains hydromassants et des enveloppements d'algues est devenu un vaste complexe de bien-être rivalisant de services et de créativité. « Notre rôle est de faire en sorte que les gens repartent en se sentant vraiment mieux. Quand ils viennent chez nous, ils ne demandent pas une ordonnance de médicaments, mais du mieux-être. Et, dans ce domaine, nous avons à apprendre des autres disciplines. », observe avec modestie le docteur Sylvie Tanguy, qui dirige l'équipe des médecins d'Alliance Pornic. Ce centre haut de gamme, dirigé par une femme respectée dans l'univers de la thalasso, Marie-Noëlle Veillet-Berry, a pris le tournant « spa » dès 2006, sans état d'âme. «Les soins énergétiques permettent de renforcer l'action des actifs marins dans l'organisme, et d'améliorer l'état général des curistes », explique la directrice générale. Son spa comporte quatorze cabines de soins, dont une double et trois pièces qui donnent sur de ravissants petits jardins zen. Un personnel polyvalent Reste que la mise en place de nouveaux soins ne s'est pas fait sur un simple claquement de doigts, dans un centre qui compte plus de 160 salariés ! « Au début, l'équipe a été constituée à partir de neuf volontaires. Peu nombreux, certes, mais très motivés. », raconte Martine Murati. La responsable du pôle thalasso est entrée dans l'établissement en 1993 en tant qu'hydrothérapeute. Depuis, elle a gravi tous les échelons pour diriger désormais soixante personnes, dont une trentaine travaille pour la partie soins. En six ans, l'équipe a fait du chemin. Le lancement du spa s'est accompagné d'une refonte de l'organisation du travail. Tous les hydrothérapeutes sont désormais formés au spa. Et toutes les esthéticiennes ont acquis le savoir-faire nécessaire pour effectuer des soins thalasso... « On forme les hydrothérapeutes à nos propres protocoles de soins. Et on teste la « main » de massage de chaque nouvelle esthéticienne. » Finalement, chacun peut passer d'un type de soin à l'autre au cours d'une même journée. La gestion des plannings se fait au jour le jour par le personnel. « Avec cinq hydrothérapeutes et près de trente esthéticiennes, cette forme d'organisation était indispensable. A la fois, pour nous, puisqu'il fallait assurer une bonne disponibilité des équipes, mais aussi pour le personnel, dont les tâches sont variées. Et c'est important dans ce métier : demander à une même personne d'effectuer toujours les mêmes gestes sur plusieurs jours comporte toujours un risque en termes de santé et de motivation. », se félicite Martine Murano, qui assure que le turnover est très faible. Mieux, les candidatures affluent... « On en reçoit trois à quatre par jour. On voit bien que les jeunes esthéticiennes recherchent plus de diversité dans leur travail. » Privilégier le savoir-être L'offre de postes vacants reste toutefois limitée. On met du temps avant d'obtenir un CDI. Les étapes « obligées » sont le stage, la vacation, dont la demande dépend des saisons, et le contrat qui se libère enfin... Les candidats doivent faire preuve de patience avant d'intégrer le prestigieux établissement ! Et un bon CV ne suffit pas toujours. « J'ai refusé deux candidates très efficaces, mais qui ne souriaient jamais, au profit d'une jeune femme avec moins de savoir-faire, mais qui savait se montrer cordiale et chaleureuse. », admet Martine Murati. Et pour cause : adhérent au label Qualicert depuis 1999, le centre d'Alliance Pornic doit respecter un impressionnant cahier des charges de 149 critères, où la prise en charge des clients représente un effort de tous les instants. En contrepartie, les nouvelles recrues esthéticiennes, en CDI ou en CDD, doivent suivre une formation de 21 jours... La qualité du service et le savoir-être, en ligne de mire ! « Un accueil réussi, c'est déjà 50% du succès d'un séjour. », martèle la responsable du pôle thalasso. Pas question d'y déroger. D'autant que, tous les matins, elle trouve sur son bureau une pile de fiches remplies par les clients avec des commentaires auxquels il faut souvent répondre, avec l'ensemble du personnel. « Ce sont les clients de la thalasso qui font le spa. Il ne faut pas l'oublier. » Georges Margossian |
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