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Allan Share : « le phénomène des medispas ne fait que commencer »

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INTERVIEW –
Le modèle des « medispas » américains est-il transposable en France ? Pour Allan Share, président de la Day Spa Association et de l'International Medical Spa Association, l'avenir du spa passe par une fusion de son activité avec le « wellness » et la médecine préventive. Et la France ne ferait pas exception...

Proguidespa.com : Vous prêchez pour une fusion des « medical spas » avec le spa traditionnel. Ne craignez-vous pas de succomber à un effet de mode ?

Allan Share : Pas vraiment ! Je vais vous donner un chiffre plus parlant que tous les discours. En 2008, nous avions dénombré aux Etats-Unis près de 900 « medispas » sur tout le territoire. Trois ans plus tard, ils sont environ 4 500... Cette croissance révèle un phénomène qui ne fait que commencer, alors que le marché des spas arrive à maturité chez nous. Pour l'anecdote, nous sommes interrogés quasiment tous les jours sur les modalités d'ouverture d'un « medispa »...

Qu'entendez-vous précisément par « medispa » ?

Aux Etats-Unis, un spa médical est un établissement placé sous la supervision d'un médecin, présent sur le site, et qui propose des prestations assurées par des professionnels qualifiés. En complément, l'établissement peut aussi délivrer des soins de confort et de relaxation dans une ambiance spa. Il nous semble assez logique d'offrir des soins de relaxation dans un environnement médical, qui est par lui-même assez stressant.

Cela permet aussi de se positionner sur le haut de gamme...

En effet. Pour certains établissements, c'est un atout. Par exemple, une clinique du Maryland propose des massages de bien-être pour les patients en chambre individuelle. Une hospitalisation « spa », en somme !

Tous les médecins américains approuvent-ils cette évolution ?

Non. Certains d'entre eux s'obstinent à penser que cette attitude, plus préventive que curative, est nuisible à la relation médecin/patient. Mais ce n'est pas le ressenti du public, bien au contraire.

Existe-t-il un modèle unique de spa médical aux Etats-Unis ?

Vous connaissez notre manie américaine de tout segmenter ! En deux ans sont apparus successivement le Niche Medical Spa, positionné sur la nutrition, la lutte contre l'obésité et la reprise en main de son corps, le Men's Medical Spa, axé sur les soins visage, les massages, la santé sexuelle et les thérapies hormonales, le Wellness Medical Spa, qui propose de la détoxination, des soins anti-stress et la recherche d'un équilibre corps/mental, le Women's Medical Spa, destiné aux femmes, le Age Management Medical spa , faisant de la diète et du bien-être l'essentiel de son activité, et le Hospital and Dental Medical spa, qui porte un soin particulier à l'environnement dans lequel le patient est soigné...

Quelle est la clientèle type du « medispa » ?

Beaucoup de monde ! En 2011, il y a eu 2,4 millions d'actes esthétiques non chirurgicaux - injections, épilations au laser, peelings chimiques, etc. -, plébiscités par une clientèle féminine de 35 à 50 ans, et ce, malgré la crise. De plus en plus d'hommes commencent à s'y intéresser. Après, c'est une question d'âge. Selon une étude réalisée en 2010, 77% des Américains à partir de 65 ans sont prêts à recourir à la médecine esthétique.

Comment expliquez-vous que le spa médical puisse aussi séduire les hôtels ?

Pour un hôtel, un « medispa » représente un moyen unique d'augmenter le nombre de nuitées. Prenez le Caesar Park Eco Resort, au Brésil : il propose des massages, du yoga, de la méditation, un médecin sur place, un psychologue et un nutritionniste, le tout dans une ambiance « sea, spa and sun », et il ne désemplit pas.

Peut-on appliquer les règles du succès des « medispas » américains à un spa urbain français, compte tenu de la différence de législation ?

Je le crois. On peut augmenter sa clientèle spa, sans avoir recours à la technologie médicale, avec une spécialisation anti-âge, des cosmétiques efficaces, un suivi, des gommages chimiques et mécaniques, et des technologies LED. Ensuite ? La recette du succès est identique pour tous les types de spas : proposer constamment des nouveaux services, développer des partenariats, tester de nouvelles formes de marketing et de publicité, viser de nouvelles segmentations, redesigner les services existants pour les remettre au goût du jour et surtout... former son personnel.

Propos recueillis par Siska von Saxenburg.

Février 2012
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