Esthétique pro : la lampe flash est plus compliquée qu’un laser
Entretien avec le docteur Hubert Cartier, chercheur et formateur, membre du groupe Laser de la Société française de dermatologie.
Proguidespa.com : Peut-on considérer la lumière pulsée comme une version simplifiée du laser ?
Dr Hugues Cartier : Non. Il est bien plus compliqué d’utiliser une LPP (ndlr : lumière polychromatique pulsée), ce qu’on appelle « lampe flash », car on a plus de paramétrages et de choix de bandes spectrales à faire, en fonction de la peau et des effets recherchés : la reproductibilité est donc plus aléatoire. Par conséquent, quand on constate la présence de la lumière pulsée dans les centres d’esthétique, on peut s’interroger sur le niveau de compétence des personnes qui manient ce type de technologie.
Pourtant, cette technologie se répand aujourd’hui dans les instituts de beauté. La législation est-elle encore adaptée ?
Non. L’arrêté de 1962 est forcément décalé, car les LPP datent de 1994. On se demande d'ailleurs qui est le plus à craindre : l'esthéticienne qui casse sa tirelire pour une machine peu puissante, afin d’éviter les brûlures, le dermatologue qui achète bien plus cher une LPP CE-Medical , ou des investisseurs qui attendent une loi favorable pour créer des « chaînes à poils », comme on le voit avec les centres UV ?
La situation peut-elle se débloquer ?
Oui. Ce n'est pas tant le geste, assez simple, qui pose problème, que la bonne indication, le bon choix du paramétrage et la gestion des effets inattendus ou indésirables. A la vue de la réduction démographique des dermatologues, je pense qu’un spécialiste peut déléguer pour des indications sélectionnées, mais à condition qu’il reste présent dans le centre et ne serve pas d’alibi commercial !
Quelles sont les perspectives d'avenir pour les lampes flash ?
Immenses! Les esprits chagrins jugent toujours un peu sévèrement les appareils à lumière pulsée. Mais chaque fois qu’un nouveau laser apparaît, les études le comparent souvent avec les LPP, comme si ces derniers constituaient une référence immuable.
Propos recueillis par GM.
Mars 2010
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