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Anne Phelippeau-Korb : « La thalasso doit faire sa révolution !»

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INTERVIEW – Le groupe Phelippeau travaille depuis plusieurs années sur un nouveau concept de thalassothérapie qui verra le jour à Pornichet, avec, à la clé, de nombreuses innovations qui devraient bousculer les habitudes de la profession, nous dévoile Anne Phelippeau-Korb, sa directrice marketing.

Proguidespa.com : Aujourd'hui, quel bilan pouvez-vous déjà tirer de cette année ?

Anne-Phelippeau-Korb : Malgré une conjoncture difficile, la thalasso s'en sort plutôt bien. Pour 2011, nous prévoyons une croissance de notre chiffre d'affaires d'environ 10% par rapport à 2010, une année marquée par la tempête. A ce jour, c'est notre centre de l'Ile-de-Ré qui affiche la meilleure performance avec une progression de 19% en dix mois, devant Bénodet (+7%) et La Baule, dont nous sommes en train d'organiser le transfert vers les Tourelles (ndlr : le futur complexe hôtelier de Pornichet), ce qui freine son activité.

Ces résultats vous ont-ils étonnée ?

Non. De façon générale, la thalasso est un produit qui résiste bien à la crise. Et ce qui marche le mieux, ce sont les week-ends, toujours très demandés. D'autres facteurs interviennent aussi. Par exemple, l'Ile-de-Ré est un site exceptionnel, bien situé et entièrement refait, avec un bon rapport qualité/prix. Quant à notre centre de Bénodet, il a moins profité de l'embellie, notamment à cause des algues vertes. Nous prévoyons d'ailleurs de le rénover vers 2013. En fait, la mauvaise surprise, ce sont les charges qui ont augmenté très rapidement...

Comment l'expliquez-vous ?

L'électricité, le linge, la viande, le poisson... tout a explosé ! Nous constatons que les charges ont bondi de 10 % depuis le début de l'année. Ce fut une période très difficile pour nous en termes de maîtrise des coûts. C'est pourquoi nous avons dû réagir vite. Notre priorité en 2012 sera d'améliorer notre compétitivité et notre rentabilité. Pour mener cette politique, nous venons d'engager Mike Niang en lui créant un poste sur-mesure de directeur de la performance.

Vous venez de boucler un tour de table de 8 millions d'euros pour financer votre projet de thalasso à Pornichet, sur le site du château des Tourelles, que vous avez acquis en 2007. Cela représente un pari audacieux. Qu'en attendez-vous ?

Le site des Tourelles doit devenir un centre pilote pour notre développement futur. Avec l'aide d'une agence extérieure, nous travaillons à l'élaboration d'un nouveau concept depuis longtemps. Si ce projet avait concerné un centre classique, nous n'y serions pas allés. Car la thalasso telle que nous l'avons conçue autrefois, avec les peignoirs, les petits carreaux blancs et les chaises en plastic, c'est la mort du petit cheval... Notre métier n'a pas évolué depuis 25 ans !

Qu'entendez-vous par « nouveau concept » ?

Que la thalasso doit faire sa révolution ! On ne va pas passer notre temps à faire du -25% sur nos cures ! Nous souhaitons casser le schéma traditionnel. Et cela passe par une réflexion en profondeur sur les soins, les protocoles, les équipements, les produits utilisés, les senteurs et la déco, mais aussi par une meilleure organisation. Certes, nous ne vous cachons pas que l'environnement spa nous a inspiré, notamment pour ses qualités sensorielles. Beau et glamour, il a tout pour lui. Pour autant, nous ne perdons pas de vue notre métier : les soins par l'eau de mer. Notre cahier des charges, c'est que les clients viennent faire une thalasso et repartent en pleine forme après un séjour « sexy ».

Souhaitez-vous rajeunir la clientèle traditionnelle des thalassos ?

Bien entendu ! La clientèle traditionnelle des thalassos a vieilli avec le concept. Les nouvelles générations n'ont pas envie de venir. Dans l'état actuel des thalassos, vous ne pouvez pas attirez un public branché qui possède dix ans de pratique de spas derrière lui. Il faut innover pour avancer, comme dans les autres secteurs de l'économie. Les marques qui survivent, ce sont celles qui ont su innover et s'adapter au marché quand il le fallait.

A combien évaluez-vous le montant total de l'investissement ?

Environ 23 à 24 millions d'euros.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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