 Du bilan personnel à la réalisation d’un Business Plan, le parcours d’un créateur suit un trajet aujourd’hui bien identifié. Une idée en soi n’est rien. Mais, progressivement, en la confrontant aux réalités du marché, elle peut constituer le socle d’un projet rentable. A condition, toutefois, de ne pas brûler les étapes…
Du bilan personnel à la réalisation d’un Business Plan, le parcours
d’un créateur suit un trajet aujourd’hui bien identifié. Une idée en
soi n’est rien. Mais, progressivement, en la confrontant aux réalités
du marché, elle peut constituer le socle d’un projet rentable. A
condition, toutefois, de ne pas brûler les étapes…
1. Votre profil
Quand on crée une activité, le premier réflexe est de concentrer toute son attention sur les aspects financiers et commerciaux. « Notre projet sera-t-il rentable ? », se demande-t-on tous les jours… Pourtant, il est un aspect essentiel peu étudié par les créateurs, malgré les risques qu’il peut faire peser sur le développement futur du projet économique, c’est le projet personnel. La réussite d’une entreprise ne dépend donc pas exclusivement de ses indicateurs financiers, mais aussi de votre capacité à surmonter les difficultés inhérentes à la vie d’un entrepreneur.
Demandez-vous d’abord quelles sont vos motivations profondes. Peut-être poursuivez-vous un objectifs que vous pourriez atteindre par d’autres moyens (une position sociale, par exemple) ? En revanche, si vous souhaitez exploiter un savoir-faire, interrogez-vous sur les compétences qu’il vous reste à acquérir (gestion, management, etc.). Un porteur de projet possède un « potentiel », une capacité à rebondir et une solidité psychologique, une expérience professionnelle et des relations (à ne pas négliger). Vous devez aussi prendre en compte les contraintes qui pèseront sur votre vie personnelle : votre vie familiale, votre entourage, vos revenus… Ce n’est qu’après avoir analysé tous ces éléments que vous pourrez décider si vous êtes prêt à passer à l’étape suivante : le montage de votre projet.
2. Trouvez l’idée
Tout projet de création commence par une idée, mais celle-ci ne constitue pas encore un « concept », encore moins un projet… Une idée est un point de départ, un axe de réflexions, qui vous permettra ensuite d’élaborer un programme d’actions. Certes, il en existe des bonnes et des mauvaises, comme dirait Jacques de La Palice, mais aucune ne vous garantira d’emblée le succès. Une bonne opportunité commerciale sur un marché qui ronronne peut apporter davantage de bénéfices qu’un concept « révolutionnaire », qui ne trouvera jamais sa clientèle.
L’exercice d’un métier que vous connaissez bien vous donnera aussi plus de chances de réussir qu’une reconversion dans un secteur inconnu. Cela étant, une expérience dans l’esthétique ne vous dispense aucunement de suivre une formation en gestion. Au contraire, elle vous est vivement recommandée. De plus, le mot « spa » ne rime pas forcément avec « institut de beauté ». Ces deux types d’établissement de bien-être ne s’adressent plus aux mêmes marchés et les services qu’ils proposent en sont, par conséquent, différents. En revanche, si vous ne souhaitez pas faire absolument « original », rien ne vous empêche de suivre les idées des… autres. Cela vous demandera même davantage de travail. Il vous faudra auparavant scruter votre environnement et rester à l’affût des nouveaux concepts, des derniers produits, des équipements innovants et de l’évolution des modes de consommation. Vous pouvez aussi vous engager dans un contrat de franchise. Toute votre créativité trouvera alors à s’exprimer dans votre capacité à développer le concept du franchiseur dans votre zone de chalandise. Enfin, rien ne vous empêche de saisir une opportunité, une « bonne affaire » dans un quartier commerçant, mais, là encore, informez vous, observez le marché local et imaginez de nouvelles possibilités commerciales.
3. Le concept
Une idée n’est pas un concept. A ce stade de réflexion, vous devez déterminer le contenu de votre projet, c’est-à-dire toutes les prestations qui pourront être proposées par votre établissement. Si vous avez une idée très claire de ce que vous voulez faire, cela sera facile. Dans le cas contraire, renseignez-vous et inscrivez d’abord les soins et les techniques qui vous séduisent. Vous opérerez ensuite un recentrage en fonction de votre étude de marché (vous trouverez aussi de nombreuses informations en consultant les articles thématiques de notre site), car l’essentiel, c’est la manière dont votre projet répondra aux besoins de votre future clientèle. C’est elle qui en garantira (ou non) la réussite.
La définition d’un « concept » devrait alors vous permettre d’intégrer les attentes de vos clients. L’important n’est donc pas ce que vous pensez pouvoir proposer comme prestations, mais l’idée que s’en feront vos clients. N’oubliez pas non plus que ces derniers n’achèteront pas des produits physiques (à moins que votre projet ne concerne que la vente de cosmétiques), mais des services, qu’ils devront d’abord expérimentés eux-mêmes avant de pouvoir se faire une opinion. La manière dont vous les amènerez à « consommer » ce que vous leur proposez doit donc faire l’objet d’une réflexion approfondie.
L’étape suivante, au fur et à mesure que vous avancerez dans votre projet, sera d’élaborer un concept opérationnel, c’est-à-dire de définir l’ordre des opérations, les locaux, les ressources humaines et les équipements nécessaires. Ce travail s’avèrera indispensable à la rédaction de votre Business Plan. Il vous permettra de tester la faisabilité de votre projet. Plus vous maîtriserez votre concept, plus votre BP aura des chances de coller à la réalité.
4. L’étude de marché
C’est une étape essentielle dans la réalisation de votre projet. Ne la négligez pas. Si vous n’avez pas déterminé précisément ce que vous allez vendre et à qui, tous vos efforts risquent d’être inutiles. La réalisation d’une étude de marché doit donc vous aider à mieux cerner les attentes de vos futurs clients et à adapter en conséquence votre offre de services. Il n’est pas forcément nécessaire de faire appel à une société spécialisée. Un peu de bon sens et une bonne paire de chaussures peuvent parfois aussi bien faire l’affaire, en vous référant, au départ, à quelques questions clés que vous approfondirez :
• quels produits et quels services allez-vous vendre ?
• quels types de clientèle devez-vous cibler ?
• qui sont vos concurrents ?
• où devez-vous vous implanter ?
• quel sera votre chiffre d’affaires prévisionnel ?
Les réponses, vous les trouverez en observant vos futurs concurrents, la zone que vous souhaitez couvrir, les types de commerces qui s’y trouvent, la clientèle locale, l’évolution urbanistique et sociologique, etc. Bien sûr, ce travail de terrain doit être complété par des recherches documentaires auprès d’organismes locaux ou nationaux (INSEE, Credoc, CCI, etc.). Au final, toutes ces précieuses informations vous permettront de déterminer un positionnement commercial, qui fera de votre établissement un endroit attractif et… lucratif.
5. L’élaboration d’un business plan
Un business plan comporte deux grandes parties qui obéissent à des règles de communication très simples :
• un « résumé pour les dirigeants » (tel est son titre) mentionnant l’essentiel de votre projet en une ou deux pages pour permettre une lecture rapide ;
• une présentation détaillée, qui comporte une vue d’ensemble de votre établissement, ce qu’il propose, son marché, ses ressources humaines et un examen financier.
Le terme semble réservé aux financiers, alors qu’il n’exige qu’une bonne dose de bon sens ! Car chacun de nous en applique les principes tout au long de sa vie, avant un départ en vacances, une retraite bien méritée ou un examen universitaire. Bref, nous passons notre temps à prévoir ce que nous allons faire, un ou deux plans sous le bras, pour nous préparer au changement. Et il en va des individus comme des entreprises : la prévision multiplie les chances de réussir son projet. Par conséquent, les spas profitent d’un marché en pleine mutation, celui du bien-être, dont il vaut mieux anticiper l’évolution par une observation minutieuse de son environnement.
Dans ces conditions, la mise en place d’un plan de développement sur 3 ans constitue une première garantie contre l’inconnu. Mieux, la rédaction d’un business plan vous servira de guide pour l’avenir. Il résumera votre vision particulière du futur. Revers de la médaille, il ne vaut que par les hypothèses que vous y inclurez. Ce document de référence vous permettra donc de suivre l’évolution de votre projet. Tous ses objectifs y figureront, ainsi que les moyens pour les atteindre. L’activité de vos trois prochaines années y sera détaillée avec soin. Au final, vous posséderez une excellente base de travail non seulement pour votre établissement, mais aussi à l’attention des partenaires financiers que vous souhaiterez convaincre.
Pour commencer, un seul conseil : prenez le temps d’aller jusqu’au bout de ce plan. Dans une grande chaîne hôtelière, vous disposeriez d’une équipe de « planificateurs », mais si votre spa ne comprend que vous et quelques salariés, vous savez déjà que vous êtes la personne la mieux placée pour fixer les finalités de votre établissement.
6. Votre statut juridique
Dernière étape : vous avez vérifié la faisabilité économique de votre projet, il vous reste à en déterminer le cadre juridique. Vous devez opter pour le statut le mieux adapté à votre projet de développement et à votre situation personnelle. Il n’est pas anodin, sur les plans fiscal et patrimonial, de choisir une entreprise individuelle plutôt qu’une SARL (voir Vos questions). Dans ce cas, par exemple, vos biens personnels ne seront pas protégés d’éventuels créanciers. En revanche, la création d’une société impose des règles de fonctionnement plus contraignantes, tout en offrant un cadre plus propice au développement d’une activité économique, notamment en prévoyant la participation d’un ou de plusieurs associés au capital.
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