Autrefois, il s’appelait « compte d’exploitation générale » ou « compte de pertes et profits », qui n’était jamais, comme maintenant, que la différence entre les comptes de produits (recettes) et les comptes de charges (dépenses). Aujourd’hui, c’est le compte de résultat.
La réalité d’une entreprise ne change guère. Il s’agit toujours de mesurer de quel montant les propriétaires se sont enrichis sur une période considérée. Et le compte de résultat est là pour ça. Les banquiers l’adorent - peut-être en rêvent-ils même la nuit -, car il détermine votre bénéfice, et donc votre capacité à créer de la valeur, ce qui plaît beaucoup aux financiers, toujours à l’affût d’un placement juteux. Les Français, plus pudiques que les Anglo-saxons, ont ainsi préféré le mot « résultat », élégante façon de désigner un processus commercial toléré par l’Eglise depuis Saint Thomas : le profit.
Le « résultat » n’est jamais neutre. Il peut être brut ou net, d’exploitation ou financier, voire exceptionnel. Pour vous familiariser avec ce jargon (et tenir tête à votre banquier !), voyons la structure de ce compte. Imaginez une baignoire avec trois robinets et trois bondes placés à des niveaux inégaux :
• L’exploitation
Cette partie du compte montre le métier de l’établissement. Elle n’a rien à voir avec les diverses opérations financières que celle-ci pourrait réaliser. Ici, c’est du pur et du dur. D’un côté, votre chiffre d’affaires (vente de prestations et de produits), de l’autre, les charges nécessaires à la réalisation de votre activité (achats de linge, salaires, produits d’entretien, etc.). La différence entre les deux, c’est le résultat d’exploitation.
• Le financier
Tous les revenus issus des placements de la trésorerie et tous les intérêts d’emprunts y trouveront leur place, sous forme de produits et de charges. Le résultat financier, c’est donc : l’écart entre les recettes et les dépenses résultant de l’activité financière de votre établissement. Dans un spa, ce poste est rarement très important. Mais, on ne sait jamais, si l’envie vous prend de placer en Sicav une partie de votre trésorerie, ou de contracter un emprunt...
• L’exceptionnel
Comme son nom l’indique, il rassemble les charges et les produits qui ne font pas partie de l’exploitation courante. Dans cette catégorie, vous y trouverez les plus-values sur la revente d’immeubles, par exemple, les sinistres, etc.
Reste à calculer le résultat final, car c’est bien l’objectif premier de ce document. Pour y parvenir, il suffit d’additionner les soldes (la différence entre les entrées et les sorties) des trois catégories mentionnées plus haut. En calculant ainsi votre bénéfice à différents stades, vous pouvez voir exactement d’où vient l’argent que vous gagnez et où il va. Le solde final que vous obtenez (résultat brut) sera amputé de l’impôt sur les bénéfices et vous donnera le... résultat net. Ensuite, libre à vous de le répartir en dividendes. Ce qui restera viendra s’ajouter à vos fonds propres.
La rédaction de ce document financier de base, présenté en ligne plutôt que sous forme de tableau, est essentielle à votre projet. Dans votre business plan, il devra être reproduit sur trois, voire cinq années, en fonction de vos propres projections. Vous verrez ainsi votre établissement évoluer (sur le papier) tout en gardant un œil vigilant sur les sources d’augmentation ou de diminution de vos richesses.
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