La sieste sera-t-elle l’avenir du spa ?
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| L'idée fait son chemin : la sieste s'affirme peu à peu comme le moyen le plus simple d'accéder au bien-être... Et certains spas l'ont bien compris. Après la Bulle Kenzo, qui a fermé ses portes en janvier, voici le « Zzz Zen », dans le 2ème arrondissement de Paris, qui se revendique comme le « premier bar à sieste ».
Réparti sur quatre étages, le nouveau « bar à sieste » du passage Choiseul propose un voyage dans les bras de Morphée pendant 15 minutes (et pour 12 euros), sous une lumière tamisée et une douce musique, avant de repartir au bureau. Ses clients peuvent aussi se délasser sur un lit massant aux pierres de jade ou un fauteuil en apesanteur, demander une manucure ou tremper leurs pieds dans un « fish spa », le soin « tendance » du moment. Le « bar à sieste » n'est pas une exception. Spa et sieste font, en général, bon ménage, même si le repos est prévu en fin du parcours. Du moins, pour les plus authentiques d'entre eux. L'avantage d'une sieste, c'est qu'il n'exige a priori que très peu de personnel. Reste à gérer, non pas les praticiens, mais les files d'attente. En 2003, la Bulle Kenzo lançait un concept séduisant autour d'une thématique porteuse : « la sieste sans rendez-vous ». Succès immédiat. Trop rapide, sans doute, car il fallait bientôt attendre un mois pour obtenir... un RV. Sieste et massage pour citadins pressés Plus tard, c'est un Français expatrié à New York qui développa un des concepts les plus aboutis : le Yelo Spa. En 2007, Nicolas Ronco propose dans la ville qui ne dort jamais des soins rapides et efficaces autour de la sieste. N'ôtant que leurs chaussures et leurs vestes, ses clients viennent se détendre dans des cabines, le temps d'une pause entre deux rendez-vous d'affaires. Au programme : sieste, massages ou réflexologie. Le concept est si bien rodé que 25% de la clientèle vient d'entreprises qui ont un partenariat à l'année avec l'établissement. Micro-sieste réparatrice aux effets énergisants, le « power nap » n'a donc plus à démontrer ses bienfaits comme à Grasse, cet été, dans les jardins du Musée de la parfumerie, qui offrait des « siestes parfumées » à ses visiteurs, ou à Beaune, en bordure de l'autoroute A6, où le fabricant de meubles Ikéa, en juillet dernier, faisait tester ses nouveaux matelas en mettant à la disposition des automobilistes un « hôtel éphémère » de 28 chambres, avec des temps de sieste de 20 minutes... L'hyperactivisme contemporain génère ainsi ses antidotes. « Manquer de sommeil est dangereux et nous sommes programmés pour la sieste », rappelle le docteur Eric Mullens, auteur d'un enthousiasmant « Apprendre à faire la sieste » (Editions Josette Lyon), à destination des somnolents. L'idée fait son chemin au sein même des entreprises. Pour aider ses salariés à surmonter le fameux « coup de barre de la mi-journée », Orange teste depuis janvier la « sieste courte » en cabines individuelles dans son centre d'appels à Lyon. Trente minutes pendant la pause « déjeuner », pour se requinquer. Le tabou est encore brisé avec le « PwCool » mis en place à Neuilly par le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers : les 3000 salariés du groupe bénéficient d'espaces individuels où ils peuvent se détendre dans des fauteuils massants, suivre des séances de yoga ou se faire masser deux fois par semaine par des praticiens extérieurs. Les entreprises y trouvent leur compte, stress et fatigue ne rimant guère avec productivité. En 2008, une enquête sur le sommeil des Français réalisée pour l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) révélait que près d'un Français sur deux se plaignait de ne pas assez dormir. Et le travail y était cité comme la première cause du manque de sommeil. En Allemagne, le sujet est même pris très au sérieux. Cet été, une dirigeante de la confédération syndicale allemande DGB estimait que tout Allemand devait avoir le droit de faire la sieste sur son lieu de travail... A l'heure où les Européens du sud se voient suspectés de travailler moins que leurs voisins du nord, la déclaration a fait sensation ! Des capacités mentales dopées N'assassinons donc plus la sieste, et rendons lui justice. Et pas seulement parce que les habitants de l'île grecque d'Ikaria vivent nonagénaires en respectant scrupuleusement son rituel. Mais aussi, parce que les scientifiques en découvrent chaque année les bienfaits sur le cerveau, comme cette étude présentée par un professeur de l'Université de Berkeley, en 2010, qui montrait que faire la sieste non seulement « rafraîchissait » le cerveau, mais pouvait aussi « doper » les capacités mentales. De là à imaginer qu'une séance de sommeil léger au spa rendrait plus intelligent, il y a un pas que nous vous laissons bien volontiers franchir... GM Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © (2011) SVS Edition. |
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