
Pour Willy Rieswick, coiffeur allemand installé à Paris depuis plus de vingt ans, aujourd’hui directeur de la Biosthétique Paris, la coiffure est un secteur où l’on réussit. A condition, toutefois, de bien structurer son activité.
Pour
Willy Rieswick, coiffeur allemand installé à Paris depuis plus de vingt
ans, aujourd’hui directeur de la Biosthétique Paris, la coiffure est un
secteur où l’on réussit. A condition, toutefois, de bien structurer son
activité.
Proguidespa.com : Vous avez exploité pendant vingt ans un salon à titre personnel. Aujourd’hui, vous l’avez quitté pour prendre la direction du vaisseau amiral de la Biosthétique, une marque de produits capillaires et esthétiques. Pourquoi ce virage ?
Willy Riesnick : Je n’ai pas abandonné mon salon, qui tourne toujours très bien. Et j’ai déjà une longue histoire avec la Biosthétique. J’avais rencontré le directeur général Siegfried Weiser il y a douze ans, et j’avais déjà été impressionné par sa façon d’aborder le marché. Puis il y a quatre ans, j’ai été l’un des premiers coiffeurs à Paris à proposer les soins Biosthétique. En implantant les protocoles spécifiques de la marque, j’ai réalisé une augmentation de 34% de mon chiffre d’affaires en deux mois. Il y avait de quoi me faire réfléchir… Et me faire accepter en 2006, la proposition de piloter l’activité française de l’entreprise.
Proguidespa.com : Comment expliquez vous cette augmentation de chiffre d’affaires ?
W.R. : En fait, la Biosthétique est la première marque à vraiment proposer un soin global, à la fois capillaire et esthétique, aux coiffeurs. Mais cela pourrait n’être qu’une offre banale et de la vente de produits. En fait, la marque est allée plus loin, en recentrant tout autour du praticien. Autrefois, un coiffeur apprenait son métier en 3 ou 4 ans. Aujourd’hui, il doit être formé et autonome au bout de deux ans. Avec notre concept, un apprenti peut, en trois jours être réellement utile dans un salon, au lieu de simplement balayer les cheveux par terre. Car le plus important est de rendre l’individu fier de son activité et de son statut. Tout ici, tourne autour de l’humain. Le coiffeur n’est jamais une machine. Nous lui apprenons simplement à organiser son activité et sa rentabilité.
Proguidespa.com : Vous avez l’air d’avoir prévu le moindre geste. Le tout de manque-t-il pas de fantaisie ?
W.R. : La fantaisie, il peut la garder dans l’art même de la coiffure. Pour le reste, il n’y a aucun hasard dans la réussite. Il faut supprimer les gestes inutiles. Et pour cela tout doit être prévu et organisé. Notre méthode est également une certaine façon de se comporter avec la clientèle, le positionnement en tant que conseil, tant sur le cheveu que sur l’esthétique. La cliente doit être rassurée en permanence et pouvoir trouver la même qualité de service dans tous les salons qui sont affiliés à la marque.
Proguidespa.com : Tout le monde n’adhère pas forcément à cette façon de travailler…
W.R. : C’est pourquoi nous ne vendons pas de franchises. Le coiffeur reste libre de ses choix, mais nous lui apportons de tels outils qu’en les utilisant, il est sûr de pouvoir augmenter la rentabilité de son établissement.
Proguidespa.com : Votre rentabilité s’appuie surtout sur la vente des produits. Or, beaucoup de coiffeurs sont de piètres vendeurs et votre gamme comporte près de 1 200 produits…
W.R. : Nous n’obligeons aucun de nos coiffeurs à prendre tout le catalogue ! Chacun peut choisir le nombre de produits qui correspond à sa clientèle et augmenter peu à peu son offre. Nous conseillons toujours de démarrer avec une gamme réduite. Le grand avantage pour le praticien, c’est que nous ne diffusons nos produits uniquement par le biais des salons. C’est comme le salon : il suffit le plus souvent de changer l’enseigne pour exciter la curiosité des clients. Là encore, tout peut être progressif. Mais le plus important pour nous reste la formation de l’équipe que nous prenons entièrement charge.
Proguidespa.com : Votre concept repose également sur un soin global. Tous les coiffeurs ne se tournent pas vers le bien-être…
W.R. : Ceux qui ne s’intéressent pas à l’esthétique et au bien-être ne viennent pas naturellement vers nous ! Plus sérieusement, nous nous intéressons à tous les praticiens qui veulent compléter leur offre. Nous avons obtenu d’excellents résultats dans d’autres pays d’Europe et les coiffeurs français sont aujourd’hui de plus en plus intéressés par le bien-être.
Ils sont demandeurs de formations et de protocoles.
Proguidespa.com : Envisagez-vous d’étendre votre champ d’activités aux spas ?
W.R. : Pourquoi pas ? Dans un premier temps, ce sont surtout les spas d’hôtel qui pourraient être intéressés, puisqu’avec un seul partenaire, ils pourraient offrir une prestation coiffure et une prestation esthétique.
Proguidespa.com : Ce tableau idyllique ne comporte-t-il vraiment aucune ombre ?
W.R. : Il est certain que notre méthode n’est pas un coup de baguette magique ! Il faut un minimum de temps et de réflexion avant de la mettre en œuvre. Mais les chiffres sont là pour le prouver : nos coiffeurs font généralement de 20 à 30% plus de chiffre dès qu’ils adoptent nos protocoles.
Propos recueillis par Siska von Saxenburg .
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